La Lune des pauvres

de Jean-Pierre Siméon

« La Lune des Pauvres » est une tragédie baroque pour trois personnages portée par un choeur poétique et musical. Dans ce road-movie, on rencontre deux types qui font la route, qui font la manche, s’arrêtent un jour ou deux, puis repartent. L’un d’eux « n’aime pas qu’on le touche même le vent » et regrette le porche de Besançon, l’autre « lit comme un TGV » et ferait bien la peau aux riches avant qu’il ne soit trop tard. De cette errance naît une rencontre inattendue. Celle d’une femme, figure de l’espérance, qui vient là pour aimer une dernière fois...

Le Choeur.- Ainsi commence le récit de la pauvreté.
Vrogne et Pinaille représentent exactement le type de pauvres que le bourgeois n’aime pas.
Ironiques et agressifs, costauds, très mecs et pas assez sales pour dégoûter.
Les voici arrivant dans un abribus comme des voyageurs débarquant pour une escale forcée à Budapest.
Un jour de grève.
Il y a une ville autour de l’abribus.
Elle est bâtie de ferraille, de pluie et de cette pauvreté ouvrière que la haine des dieux a spécialement conçue pour le peuple.

Vrogne.- On se met ici bon
c’est bien ici non ?
oui c’est bien ici

Pinaille.- Ça sent le chien

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Création : Jeudi 3 et vendredi 4 octobre 2019 – Le Théâtre, scène conventionnée de Laval (53)

Mise en scène
Virginie Fouchault

Collaboratrice artistique
Valérie Berthelot

Avec
Gérald Bertevas
Virginie Fouchault
Philippe Languille
Laurent Menez

Scénographie et création lumière
Jack Percher
assisté de
Zoé Nicloux

Création sonore
Gérald Bertevas

Création vidéo
Matthieu Mullot

Régie générale
Christophe Chauvière

Production
Céline Moreau

Dates à venir

Dates passées
Intentions de mise en scène

« La Lune des Pauvres » c’est avant tout une écriture, une langue à apprivoiser, à mettre en bouche, à faire sonner. Son rythme, ses ruptures, le choix des mots, ses retours à la ligne sont autant d’indications qui mènent naturellement à chacun des personnages. Elle montre le chemin exact de la pensée, de l’obsession comme chez Jean-Luc Lagarce. Aucune figure n’est ici psychologique ou caricaturale. Pinaille est guidé par la faim, Vrogne par la colère, Angela par l’amour et le choeur a le souci du détail, du zoom comme dans la photographie. La langue est poétique mais jamais édulcorée. Elle est organique et nécessaire. Chacun des personnages a sa façon d’être vivant, sa façon de recevoir la réalité, de s’en débrouiller ou de s’en échapper. Il n’est donc pas question pour nous de dépeindre la réalité. Quelle réalité ? Pinaille et Vrogne passent leurs journées ensemble pourtant chacun a sa propre perception du réel. Pour cette raison, nous avons fait le choix d’un espace scénographique troublant dans ses contours : le sol n’est pas droit. La pente est présente en permanence. L’image est entre la photo et la peinture. Dans son apparition même, la photo est ambiguë. Elle peut être déclenchée par un mot, un regard, un mouvement. Elle est alors la projection de tel ou tel personnage. Mais elle n’est jamais l’illustration d’une réalité. Le son lui aussi se balade dans ces différentes textures. Il s’éloigne, se fond, se rapproche, entête… Jean-Pierre Siméon joue avec cette ambiguïté en permanence. Le choeur est très concret puis soudain bascule dans un imaginaire cinématographique (on perçoit les zooms, les ralentis, les travellings, les mises au point) un imaginaire mythologique (la pluie qui coule d’un balcon se transforme en pluie de sang)… ce trouble de la réalité s’intensifie à l’arrivée d’Angela Mullins. Est-elle bien cette femme rencontrée dans un café par l’un des personnages ? Ou la proposition onirique d’un personnage à un autre ? « Et si on jouait à être amoureux »… La mise en scène ne figera rien là non plus. Angela doit être, tout à tour, songe et réalité.

Virginie Fouchault

Présentation de l'auteur

Poète, romancier, dramaturge, critique, Jean-Pierre Siméon est né en 1950 à Paris. Professeur agrégé de Lettres Modernes, il a longtemps enseigné à

l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Clermont-Ferrand, la ville où il réside. Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie, de romans, de livres pour la jeunesse, de nombreuses pièces de théâtre, d’un essai sur le théâtre et un sur Laurent Terzieff, d'essais sur la nécessité de la poésie, notamment La poésie sauvera le monde, Aïe un poète ! et La Vitamine P. Il réalise également des traductions (de l'allemand pour Le Voyage d'Hiver de W. Müller et de l'anglais pour Foley de M. West, ainsi que les poèmes de Carolyn Carlson).

Il a fondé avec Christian Schiaretti le festival Les Langagières à la Comédie de Reims et est désormais poète associé au Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Il enseigne parallèlement à l'ENSATT de Lyon jusqu’en 2010. Il a également enseigné, à Sciences Politiques à Paris et y a créé l'événement SciencesPoésie. Il a créé en 1986 La Semaine de la poésie à Clermont-Ferrand.
Il a été membre de la commission poésie du CNL et a collaboré comme critique littéraire et dramatique à l’Humanité. Il a été conseiller à la Mission pour l'Art et la Culture du Ministère de l'Education Nationale. Il participe aux comités de rédaction de plusieurs revues et a dirigé avec Jean-Marie Barnaud pendant 25 ans la collection «Grands Fonds» à Cheyne éditeur. Il a été directeur artistique du Printemps des poètes d'avril 2001 à août 2017.

Parmi ses textes pour le théâtre Et ils me cloueront sur le bois a été créé au Festival de la Chaise-Dieu en août 2014 ; Philoctète et Le Testament de Vanda ont été joués en 2009, respectivement à l'Odéon-Théâtre de l'Europe, dans une mise en scène de Christian Schiaretti, avec Laurent Terzieff et au Théâtre du Vieux-Colombier, avec Sylvia Bergé dans une mise en scène de Julie Brochen. Producteur à France Culture pour l'émission Géographie du poème. Il publie chez Cheyne éditeur depuis plus de trente ans tous ses recueils de poésie. Son œuvre poétique lui a valu le prix Théophile Briant en 1978, le prix Maurice Scève en 1981, le Prix Antonin Artaud en 1984, le prix Guillaume Apollinaire en 1994 et le grand prix du Mont Saint-Michel pour l’ensemble de son œuvre en 1998. Il a reçu en 2006 le prix Max Jacob pour son recueil Lettre à la femme aimée au sujet de la mort et en 2010 le Prix international de Poésie Lucian Blaga à Cluj (Roumanie). Il est président du jury du Prix Apollinaire depuis 2014.

Production

Production
Théâtre d’Air

Coproductions
Théâtre de l’Éphémère, scène conventionnée pour les écritures contemporaines – Le Mans
Le Kiosque, Centre d'Action Culturelle – Mayenne
Le Théâtre, scène conventionnée – Laval
Les 3 Chênes – Saison culturelle du Pays de Loiron

Résidences de création
du 9 au 12 avril 2018 – La Grande Surface à Laval (53)
du 7 au 12 janvier 2019 – Les 3 Chênes à Loiron (53)
du 20 au 24 mai 2019 – Théâtre de l’Éphémère – Le Mans (72)
du 27 mai au 8 juin 2019 – La Grande Surface à Laval (53)
du 30 août au 6 septembre 2019 – Théâtre de l’Éphémère – Le Mans (72)
du 9 au 19 septembre 2019 – Le Kiosque à Mayenne (53)
du 27 septembre au 2 octobre – Le Théâtre à Laval (53)


Avec le soutien de l'État - DRAC des Pays de la Loire, de la Région des Pays de la Loire, du Département de la Mayenne, de la Ville de Laval et de la SPEDIDAM.

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